Perte de son animal de compagnie : accompagner le deuil

« Le degré de souffrance ne dépend pas de la race ou la grosseur de l’animal, ni même de sa durée de vie. Certes, le lien s’approfondit dans le temps, mais la perte, elle, est liée à l’expérience personnelle. » Martine Golay Ramel (thérapeute) Comment faire face à la perte de cet être qui nous est si cher ?

 

Le deuil et ses étapes

 

Le deuil ne signifie pas oublier, ni même tourner la page. C’est un cheminement vers l’acceptation de la perte. Le deuil est « un processus de cicatrisation naturel (…) A l’issue de ce processus, la cicatrice reste en soi à tout jamais, mais la plaie n’est plus douloureuse » (Mon chat, mon chien va partir, Frantz Cappé)

Il se déroule en plusieurs phases, qui peuvent être plus ou moins longues suivant les personnes et l’accompagnement reçu : tout d’abord il y a le choc, puis la phase de déni, de fuite, où vous allez chercher à vous souvenir de votre animal et exprimer votre peine. Viennent ensuite la culpabilité et la remise en question. Arrive ensuite le chagrin, voire la dépression. Cette étape est probablement la plus difficile à surmonter, mais il constitue une étape très importante. Selon la vétérinaire Marina von Allmen, il est même nécessaire. « Cette étape permet de vraiment ressentir à quel point nous passons du vide et du désespoir à la reconnaissance de ce qu’il nous a été donné de vivre avec notre animal. » Elle permet de passer finalement à la phase de restructuration et d’acceptation, où l’on parvient à voir la disparition de son compagnon de façon plus sereine.

Aussi douloureuses que soient les différentes phases du processus de deuil, il est toujours possible d’en sortir. Il faut d’abord comprendre et accepter ces étapes, pour ensuite s’aider au mieux à en sortir progressivement.

 

Accompagner le deuil

 

Rituels symboliques

Effectuer un rituel, quel qu’il soit, (cérémonie d’enterrement, écriture d’un poème, etc.) permet de faire face à la perte, mais aussi de rendre hommage à son compagnon.

Choisir comment disposer du corps aide à accepter le décès de l’animal. Il est conseillé d’y réfléchir lorsque l’animal est encore en bonne santé, afin de ne pas regretter une éventuelle décision précipitée au moment de son décès. Vous pouvez choisir entre un enterrement (dans votre jardin privé à condition de respecter la loi en vigueur, ou dans un cimetière animalier) ou bien l’incinération. Pour celle-ci votre vétérinaire peut servir d’intermédiaire mais si vous le souhaitez, vous pouvez contacter vous-même un crématorium pour animaux. Vous pouvez choisir la manière dont vous disposerez des cendres (les récupérer ou non, les garder chez-vous, les disperser dans votre jardin ou dans la nature, etc.). N’ayez pas peur du jugement des autres, et choisissez ce que vous pensez être le mieux pour vous.

Se séparer de certains objets (jouets, panier, gamelles, etc.) peut être un rituel important. Nous conseillons de garder tout de même au moins un objet en souvenir, et bien sûr des photos.

Trouvez quelque chose à faire pour rendre hommage à votre compagnon. Utilisez vos émotions pour créer. Il peut s’agir d’un poème, une chanson, une musique, un dessin, etc.

Mettre des mots sur ses émotions permet de mieux les accepter. « L’un des moyens les plus importants pour s’accompagner soi-même dans le deuil est d’exprimer ses émotions. (…) L’expression des émotions est la clé de voûte du deuil » Frantz Cappé.

30 Millions d’amis a mis en place un espace En mémoire de mon ami où vous pouvez rendre hommage à votre compagnon et trouver du soutien auprès de personnes compréhensives et bienveillantes.

 

Trouver du soutien auprès des autres

Vous serez parfois confrontés au manque d’empathie de certaines personnes, qui ne comprennent pas que la perte d’un animal peut être aussi douloureuse que celle d’un proche. Certaines personnes de votre entourage penseront peut-être vous aider en essayant de minimiser cette perte, comme étant peu de chose comparé à la perte d’un proche. N’hésitez pas à leur expliquer que ce n’est pas la perte d’un « simple animal » mais d’un véritable compagnon de vie. Non ce n’est pas une perte à minimiser, et non un animal n’est pas interchangeable.

Entourez-vous de personnes bienveillantes, à qui vous pourrez confier votre peine.

 

Expliquer la mort de l’animal aux enfants

La mort de son animal est souvent la première expérience de la mort et du deuil pour l’enfant. Enjoliver les choses, en prétendant par exemple que l’animal est parti vivre ailleurs, ne rend pas service à l’enfant. C’est important d’expliquer la vérité et de ne pas la minimiser. Il faut accompagner votre enfant avec douceur et compréhension, pour lui permettre non seulement de faire face à cette première épreuve, mais également aux futures pertes auxquelles il sera confronté.

Pour mieux préparer l’enfant à ce passage inévitable, il est conseillé d’en parler avec l’enfant quand l’animal est encore en bonne santé. On lui fait comprendre que son compagnon n’est pas éternel.

Lorsque l’animal vous aura quitté, aidez votre enfant à faire des rituels symboliques comme faire pousser une fleur en son hommage, faire un collage avec des photos, etc. Accompagnez le tout au long du processus de deuil. Si vous décidez d’enterrer votre animal, ou bien de disperser ses cendres, il est important que votre enfant soit présent pour l’aider à accepter la perte.

 

Reprendre un animal ?

L’adoption d’un animal n’est pas quelque chose à prendre à la légère.
Que vous souhaitiez ou non reprendre un compagnon, il faut prendre votre temps.
Le nouvel arrivant ne remplacera pas le précédent. Serez-vous réellement capable d’apporter tout l’amour et l’attention à votre nouveau compagnon ?
Le nouvel arrivant ne doit pas être un « objet » ayant pour fonction de remplacer un être cher.

Il n’est pas forcément nécessaire d’attendre la fin du processus de deuil avant d’adopter à nouveau, mais cela reste conseillé surtout si la perte est survenue brutalement. Laissez-vous le temps, ainsi qu’aux autres membres du foyer.

Ce choix doit se faire en fonction de votre ressenti personnel, mais gardez bien à l’esprit que chaque animal a son caractère et ses particularités.

Si vous avez plusieurs animaux, il ne faut pas oublier que la perte est aussi douloureuse pour ceux ou celui qui reste. Il faut les aider eux aussi dans leur deuil. Certains animaux peuvent très mal vivre la perte d’un compagnon et se laisser mourir. Adopter un nouvel animal peut alors lui permettre de s’en sortir.