L’animal et le handicap

Lorsque l’on associe les animaux au handicap, on pense souvent aux chiens guides d’aveugles. Cependant les animaux apportent un immense soutien face à toutes sortes de handicaps, qu’ils soient sensoriels, physiques, psychiques ou mentaux.

« L’animal ne se nourrit pas d’attentes idéalisées envers les humains, il les accepte pour ce qu’ils sont et non pas pour ce qu’ils devraient être. » Boris Levinson
 

Chiens d’assistance

Il en existe plusieurs types : chien d’assistance pour enfant ou adulte en fauteuil, chien d’éveil, ou encore chien d’accompagnement social.
Leur rôle est de favoriser l’autonomie, la rééducation, la communication, le lien social et la sécurité des personnes en situation de handicap, quel que soit l’âge et la déficience.

Quelques bienfaits que les animaux peuvent apporter :

  • Apaiser les angoisses
  • Apprendre le contrôle des émotions
  • Améliorer la coordination et la motricité fine (par les caresses par exemple)
  • Favoriser la communication et le langage
  • Augmenter l’autonomie par la responsabilisation
  • Rompre l’isolement
  • Stimuler et valoriser ses activités (nourrir l’animal, jouer avec lui, le brosser),
  • Encourager l’expression des émotions et la communication

 

Chien d’assistance pour enfant ou adulte en fauteuil

Le chien d’assistance va aider son bénéficiaire à accomplir les gestes du quotidien, en lui donnant ainsi plus de liberté et d’autonomie. Il va aussi faciliter la communication avec les personnes valides en « dédramatisant » le fauteuil.

Pour les enfants, le chien permet aux élèves de mieux aborder le handicap et favorise beaucoup l’intégration de l’enfant handicapé auprès des autres élèves.

Quelques-uns des rôles du chien d’assistance :

  • Ramasser et rapporter un objet hors de portée d’une personne handicapée
  • Ouvrir ou fermer un tiroir, une porte, etc.
  • Accompagner son maître dans les magasins et l’aider à effectuer une transaction : face à un comptoir inaccessible pour une personne handicapée, le chien pourra tendre un porte-monnaie puis récupérer un objet qui lui est tendu, comme un sac ou un billet …
  • Aboyer sur commande pour prévenir l’entourage en cas de problème
  • Aller chercher et rapporter à son maître le téléphone sans fil de la maison.

 

Chien d’éveil : autisme et trisomie 21

Dans un cadre plus général, on parle également de médiation animal, ou zoothérapie.
La médiation animale consiste à faire intervenir un animal soigneusement sélectionné et entraîné, afin de susciter des réactions favorisant le potentiel cognitif, psychologique, physique ou social du patient.
Il s’agit d’un complément à l’intervention de professionnels du soin : le contact avec l’animal apaise et met en confiance, jouant ainsi le rôle d’intermédiaire (médiateur) entre le patient et le professionnel soignant.
Ces animaux sont le plus souvent des chiens, mais on peut également trouver des chats et même des animaux plus surprenants comme des chevaux.
 
Les chiens d’éveil ont une fonction d’assistance auprès d’enfants atteints d’autisme, de trisomie 21 ou d’enfants polyhandicapés.
Ils vont permettre de stimuler et éveiller le patient, mais également d’apaiser ses angoisses. Le chien va contribuer à dédramatiser les moments difficiles.
Le langage gestuel qui existe entre l’animal et l’homme casse toutes les barrières et aide énormément à la sociabilisation des patients. L’animal encourage l’expression des émotions et favorise la communication et le langage.
 
Naissance de la zoothérapie
En 1953, Boris Levinson, un psychiatre américain, reçoit un appel émanant de parents désespérés car leur enfant autiste doit être interné dans un institut spécialisé. Il accepte de les recevoir et oublie que le chien qu’il vient de recueillir est resté dans son cabinet. Dès que le couple entre, l’animal se dirige vers l’enfant, le renifle et le lèche. L’enfant, jusque-là complètement replié sur lui-même et refusant toute communication avec le monde extérieur, va se mettre à caresser l’animal et même à lui dire quelques mots. Il demandera même à revenir le voir.
 

Chien d’accompagnement social

Le chien d’assistance, dit d’accompagnement social, est confié à des référents dans des établissements accueillant des personnes polyhandicapées ou des personnes âgées dépendantes souffrant en particulier de la maladie d’Alzheimer.
 
Les établissements concernés par l’accueil d’un chien d’accompagnement social sont très divers : EHPAD, FAM (Foyer d’Accueil Médicalisé : structure d’hébergement qui accueille des adultes gravement handicapés), IME (Instituts Médicoéducatifs : établissements accueillants des enfants et adolescents atteints de handicap mental, présentant une déficience intellectuelle liée à des troubles neuropsychiatriques : troubles moteurs et sensoriels, troubles de la communication), hôpital de jour, centre de rééducation fonctionnelle, etc.
Les référents sont responsables du quotidien du chien : alimentation, récompenses, sommeil et récupération, hygiène et santé.
 
Formation des référents
Tout d’abord il est demandé au futur référent du chien de réfléchir et de rédiger son projet.
En second lieu, la ou les personnes concernée(s) par l’acquisition du chien suive(nt) une formation de 15 jours pour se voir confier leur chien.
Lorsque le chien arrive effectivement à l’établissement, des formations complémentaires ont lieu. Elles peuvent concerner d’autres membres de l’équipe qui seront en relation avec le chien.
 
L’éducation et le choix du chien d’accompagnement
Le chien d’accompagnement social doit avoir une grande capacité d’adaptation et une capacité à vivre en grand groupe.
Dès 2 mois, le chien est confié à une famille d’accueil bénévole jusqu’à ses 18 mois. Le but est de le socialiser et de lui apprendre 30 commandements de base.
A 6 mois, un échange de chiens se fait entre deux familles d’accueil pour 15 jours. L’objectif est de changer le chien de milieu et de lui faire ainsi connaître un maximum de situations.
Au retour de cette expérience, un bilan est fait : que manque-t-il dans son éducation ? Que faut-il travailler ? Et le travail continue.
 

Chien d’assistance et trouble de stress post traumatique

Aux États-Unis notamment, des chiens sont dressés spécialement pour assister des personnes atteintes de trouble de stress post traumatique (vétérans de guerre par exemple).
Quelques-uns des rôles du chien d’assistance :

  • Le chien défend son propriétaire en cas de crise d’agoraphobie : il vient se positionner près de son maître et empêche les autres d’entrer dans sa « bulle », sans pour autant montrer d’agressivité envers les personnes extérieures
  • Il réveille son maître en cas de cauchemar
  • Il sort son maître de son flash-back en cas de crise éveillée

Les principaux bienfaits sur les patients :

  • Baisse de la prise de médicaments
  • Les patients sont plus calmes et ont une meilleure maîtrise d’eux-mêmes
  • Prise de conscience sur les crises : le chien adopte un comportement différent lorsque le maître est agité, et lui fait comprendre qu’il doit se calmer, ce qui aide à gérer les crises.
  • Facilite la sociabilisation et un retour à une vie normale, voire une vie de famille.

Le simple fait d’aller au cinéma par exemple, peut sembler anodin, mais c’est loin d’être le cas pour ces patients, qui ont tendance à rester enfermés chez eux. Être obligé de sortir le chien est une grande aide en soi.
 

Chien guide d’aveugle

Le tout premier chien guide en France
En 1952, Paul Corteville, ayant déjà formé des chiens de police et de pistage, décide de former un chien guide pour un de ses amis aveugle. Le chien, un berger allemand, devient ainsi le premier chien guide d’aveugle en France.
 
Aujourd’hui, c’est la Fédération Française des Associations de Chiens guides d’aveugles (FFAC), qui assure l’éducation des chiens guides, pour les remettre gratuitement aux personnes déficientes visuelles.
 

Les rôles du chien guide

Le principal rôle du chien guide d’aveugle est d’assister les personnes malvoyantes ou non-voyantes dans leurs déplacements.
Avec une canne on cogne l’obstacle et on l’évite ensuite, alors qu’avec un chien on « slalome » en quelque sorte entre les obstacles et on ne les sent plus.
L’animal apporte également un important soutien moral : on n’est pas seul, un relationnel s’établit entre l’animal et son maître. En outre, la présence d’un animal facilite les liens sociaux avec les autres.
Un chien guide doit être sociable et à l’aise dans la rue. Il doit être très discipliné.
 
Le chien est équipé d’un harnais rigide permettant à la personne non voyante de bien sentir les mouvements du chien. Celui-ci ne relâche son attention qu’une fois le harnais retiré.
Le chien apprend à s’arrêter à chaque bordure de trottoir et à éviter tous types d’obstacles.
Il apprend à connaître les directions (droite, gauche) afin que le non-voyant puisse définir son parcours et indiquer au chien quelle direction prendre.
Le chien apprend également à rechercher un escalier, une porte, un siège, etc.
 

La vie des chiens guides

Naissance
Les futurs chiens guides naissent dans un centre d’élevage spécialisé. Des programmes d’éveil et de sociabilisation sont mis en place dès le plus jeune âge afin de les préparer au mieux à leur futur « métier ».
Les principales races de chien guide sont le Labrador et le Golden Retriever, mais il y a également des Flat Coated, Berger Allemand, Berger Suisse, Border collie, Barbet, Labradoddle (croisement Labrador/Caniche royal) ou autres croisements (Labrador avec Flat Coated ou Golden).
 
Famille d’accueil
Vers l’âge de 10 semaines, les chiots sont remis gratuitement aux écoles de chiens guides d’aveugles fédérées. Jusqu’à leur 1 an, les chiots sont placés dans des familles d’accueil bénévoles, proches des écoles de la FFAC. Les familles d’accueil apprennent la propreté, l’obéissance de base et la socialisation aux futurs chiens guides.
Il est très important qu’un chien guide soit sociable.
 
École spécialisée
A partir de 12 mois, c’est l’éducation proprement dite à l’école. Des éducateurs spécialisés, formés par la FFAC, prennent en charge chaque chien pour les entraîner tous les jours, à raison d’environ 2h par jour de sorties à l’extérieur, pendant huit mois. Les premiers exercices se font sur pistes artificielles, en terrain neutre, puis en milieu urbain avec des obstacles.
Le travail en ville et à la campagne enrichissent son éducation : parcours sur les routes et les chemins, les trottoirs, les passages piétons, les recherches utiles comme une porte, un distributeur, un siège, les escaliers, les transports en commun, etc.
Les acquis sont validés au fur et à mesure par les éducateurs. Ceux-ci effectuent des tests en se bandant les yeux et en effectuant un trajet inconnu avec le chien, sous le regard d’un référent.

Certains ne pourront pas devenir chien guide (raisons médicales ou comportementales). Ces chiens peuvent alors changer de voie et devenir chiens thérapeutes.
 
Choix du chien adapté à chaque bénéficiaire
En parallèle de l’éducation du chien, les associations étudient les dossiers de candidature des personnes déficientes visuelles.
Une équipe d’éducateurs, psychologues, instructeurs en locomotion et orthoptistes spécialistes de la malvoyance, analysent les besoins spécifiques de chaque demandeur. Il y a des personnes âgées qui ont besoin d’un chien calme, d’autres qui sont très sportifs, qui travaillent ou sont très actifs et ont besoin d’un chien avec beaucoup de résistance et de grandes capacités de travail.
L’équipe détermine un programme adapté pour améliorer les capacités de déplacement de chacun, pour mesurer leurs possibilités visuelles et les exploiter au mieux dans leur vie quotidienne.
Ceci permet de définir précisément le profil du futur chien.
Des rencontres sont ensuite organisées entre le maître et son potentiel futur chien guide.
 
La remise
Elle se déroule en deux étapes :
• Une semaine au centre d’éducation où le maître va apprendre les ordres à donner à son chien guide pour se faire obéir et apprendre à prendre soin de son nouveau compagnon.
• Une semaine au domicile du maître, où l’éducateur va aider à transposer le travail du chien guide sur les trajets quotidiens de son maître.
 
La retraite
L’éducateur suit le chien et son maître chaque année jusqu’à la retraite bien méritée du chien guide. Lorsque le chien atteint l’âge de 8 ans, l’éducateur prépare progressivement la mise à la retraite du chien guide et le détachement avec son maître.
Parallèlement, la demande de renouvellement est faîte afin que le maître continue à se déplacer en toute autonomie, accompagné d’un chien guide.